À la découverte de l’héritage minier autour de Flines-lez-Mortagne
Un patrimoine mondial né de trois siècles d’exploitation du charbon Le bassin minier du Nord-Pas de Calais a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l...
Lire +Il y a le son, tout d’abord, de la botte qui résonne sur les pavés irréguliers, puis se fait feutré dans la pénombre d’un vieux porche. À Flines-lez-Mortagne, impossible de parler d’architecture sans évoquer la brique rouge du Nord, quasi omniprésente dans les murs de la commune. Si la pierre existait çà et là, c’est surtout au XIXe siècle que la brique a supplanté les pans de bois ou la torchis à l’ancienne. Sa fabrication était facilitée par l’abondance d’argile dans la Vallée de la Scarpe, qui a permis l’éclosion de petites briqueteries locales (source : Inventaire général, Ministère de la Culture).
On repère aussi, dans la couronne du bourg, des maisons en pierre calcaire, plus anciennes : ici, chaque pierre provient bien souvent de la carrière voisine ou d’opérations de remploi (pierres d’anciennes fermes, églises, ou abris).
Quand on lève les yeux le matin vers la ligne des toits, c’est tout un catalogue de silhouettes qui se découpe sur le ciel du Hainaut. À Flines-lez-Mortagne, les couvertures de maisons témoignent aussi du goût local — et parfois, d’un souci d’économie ou de récupération.
Au détour d'une ruelle, on remarquera peut-être une vieille girouette en fer forgé, parfois datée, qui continue obstinément d’indiquer le vent, témoignage des anciennes traditions agricoles locales.
Le plan des habitations raconte aussi une histoire, celle d’une vie paysanne où l’on habite en symbiose avec la terre, les bêtes, la famille élargie. À Flines-lez-Mortagne, deux modèles se détachent particulièrement :
Si la sobriété prévaut souvent, les façades du village réservent bien des surprises à qui sait regarder :
Pas rare non plus, la façade « en corons » : réservée autrefois aux maisons ouvrières des années 1850-1900, elle présente une série de logis mitoyens, bas, au rythme marqué par des cheminées sautant de toits en toits. Les habitants parlent parfois encore de « courées », ces alignements partageant une cour commune, mémoire d’une vie de voisinage forte.
S’immerger dans l’architecture de Flines-lez-Mortagne, c’est toucher du doigt des récits tissés dans la pierre. Savez-vous, par exemple, qu’une girouette en forme de coq est souvent le vestige d’un atelier de forgeron ? Ou que certaines maisons portent une niche murale dédiée à une statuette de saint, vestige des processions d’antan (source : Patrimoine du Nord) ?
| Type de bâtiment | Période | Caractéristiques clés |
|---|---|---|
| Ferme picarde | XVIIIe-XIXe | Cour fermée, logis latéral, grange voûtée, puits en brique |
| Maison ouvrière « en coron » | 1850-1900 | Basse, mitoyenne, entrée sur la rue, alignement serré |
| Logis bourgeois | début XXe | Détail en pierre blanche, ardoise, ferronnerie ornementale |
Observer les maisons de Flines-lez-Mortagne, c’est feuilleter un album vivant de la mémoire locale. Le moindre linteau, la moindre brique, jusque dans l’assise même des murs, rappellent une époque où chaque construction était une affaire de famille, de voisinage, de transmission. Aujourd’hui, ce patrimoine inspire : les jeunes couples restaurent eux-mêmes les façades, les associations locales organisent des circuits-découvertes, et la commune veille à préserver cette identité visuelle unique.
Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, la Maison du Patrimoine Rural de Steenwerck (à 30 minutes de Flines) propose expositions et ateliers pour comprendre la construction traditionnelle du Nord. Et pour ceux qui ne se lassent pas de flâner, le simple fait d’arpenter les rues, de tendre l’oreille auprès des anciens, d’observer une ancre de faîtage ou une céramique incrustée dans un mur suffit à révéler toute la magie de l’architecture flinoise.
En levant les yeux lors de votre prochaine promenade, n'oublions jamais que chaque pierre, chaque tulipe sur un rebord de fenêtre, chaque pignon tracé par un maçon, participent à écrire, ici, l’histoire vivante du village.