À la découverte de l’héritage minier autour de Flines-lez-Mortagne
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Lire +Imaginez la lumière rase d’un matin d’automne, filtrant entre les tilleuls qui bordent la place du village. Ici, à Flines-lez-Mortagne, la mémoire s’invite à chaque pas. Poussez la porte de l’église Saint-Martin – les pierres usées, polies par des siècles de passages, semblent vibrer encore de secrets enfouis. À Flines, le passé n’est jamais loin : il est dans l’accent chaleureux des aînés, dans les détails sculptés au-dessus des portes, ou dans l’alignement discret des fermes qui émaillent la plaine.
La mémoire du village est faite de couches successives, comme les sillons des champs alentour. On y lit le passage d’une histoire longue, parfois mouvementée, souvent discrète, mais toujours vivante. Savez-vous, par exemple, que le nom de Flines-lez-Mortagne (que l’on prononce, ici, “Flein”) apparaît pour la première fois au XIe siècle ? Le village aura vu passer les ducs, les guerres, les marchands et les travailleurs de la terre, mais aussi les pouvoirs religieux : la puissante abbaye de Flines, toute proche, marque encore la frontière de l’imaginaire local (Wikipedia - Abbaye de Flines).
À Flines-lez-Mortagne, l’attachement à la terre n’est pas qu’une image. Il suffit de suivre la Scarpe ou de longer les vastes cultures de betteraves et de céréales pour saisir l’importance de l’agriculture dans la vie des habitants. La mémoire du travail se transmet, souvent sans bruit, lors des grands repas de famille ou des discussions devant la boulangerie locale.
Parmi les traditions encore vivaces, il en est une qui rassemble tout le monde, petits et grands : la fête du village, appelée ici “ducasse”. Chaque année, elle bat son plein à la fin de l’été, autour de la salle des fêtes et sur la place centrale. C’est l’occasion de revoir des cousins perdus de vue, de déguster la fameuse gaufre locale et surtout d’assister aux concours de vélos fleuris ou aux jeux d’adresse typiques.
La ducasse de Flines-lez-Mortagne remonte à la fin du XIXe siècle. D’après les archives communales (source : Archives départementales du Nord), on y retrouvait autrefois des manèges de chevaux de bois et d’authentiques baraques à frites, dont la tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Les habitants aiment évoquer les bals champêtres, les tours de loterie et les parties de quilles endiablées.
La mémoire de Flines-lez-Mortagne ne s’écrit pas uniquement dans les livres. Elle vit à travers les récits, les chansons, les dictons patoisants que l’on se transmet de génération en génération. Tendez l’oreille sur un banc public, un jour de marché : il se murmure encore des histoires de “loups-garous” rôdant jadis dans les bois, ou de trésors enfouis près de la Scarpe – souvenirs des guerres et des passages de soldats qui ont marqué la région.
Au fil des ruelles, chaque façade a son caractère, chaque pignon une histoire. Le village conserve plusieurs maisons datant du XVIIe siècle, reconnaissables à leurs briques rouges et à leurs encadrements de fenêtres en grès. À l’écart, sur les chemins de halage, on découvre d’anciennes fermes – la Ferme de l’Épinette ou la Ferme Vancopenolle – qui ont rythmé pendant longtemps la vie agricole locale (voir Base Mérimée).
Le petit patrimoine rural se lit aussi dans :
Beaucoup de ces éléments ont été recensés lors des enquêtes d’inventaire du patrimoine menées par le service régional (source : Inventaire Hauts-de-France). La commune comporte plus de 40 éléments inscrits ou protégés à l’inventaire, un chiffre conséquent pour un village de moins de 1200 habitants.
Flines-lez-Mortagne a traversé les orages comme les éclaircies de l’Histoire. Durant la Première Guerre mondiale, le village fut occupé dès 1914. Certains habitants s’engagèrent dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale – leur mémoire est honorée lors de la cérémonie au Monument aux Morts, chaque 11 novembre à 11h (informations mairie).
Parmi les épisodes marquants, on retient également le violent orage du 7 août 1894 : la Scarpe en crue avait inondé tout le bas du village, forçant les habitants à réfugier bétail et familles sur les hauteurs. Les récits de cet événement se transmettent encore, preuve de la force de solidarité flinoise face aux drames.
La mémoire et les traditions de Flines-lez-Mortagne ne sont pas des reliques figées. Elles se nourrissent au quotidien de gestes simples : cultiver son potager, saluer un voisin à vélo, partager une tarte ou une chanson. Ici, le passé épouse le présent. À la faveur d’une promenade, il arrive que le murmure des pierres ou la brise sur la rivière laisse imaginer ce que d’autres ont vécu, aimé, rêvé avant nous. Flines n’est pas un musée, mais un village vivant, fier de son histoire et de son identité.
C’est en continuant d’honorer fêtes, légendes, savoir-faire et souvenirs que le village regarde tranquillement vers l’avenir. Entre mémoire et transmission, chaque instant à Flines-lez-Mortagne devient une occasion de partager, d’apprendre et, surtout, de tisser de nouveaux souvenirs – ensemble.