Balades et secrets d’architecture : Flines-lez-Mortagne à travers ses pierres

13/02/2026

Pourquoi s’intéresser à l’architecture traditionnelle de Flines-lez-Mortagne ?

L’architecture flinoise, c’est une mosaïque de pierres, de briques mordorées, de linteaux sculptés ; un héritage discret mais tenace. Entre ses fermes en U, ses maisons de maître, ses anciennes chapelles de faubourg, elle raconte une histoire rurale typique du Hainaut connecté à la Flandre.

  • Un village datant d’au moins l’époque gallo-romaine, évoqué dès 1080 sous le nom latin Flina (Source: Archives départementales du Nord).
  • Une architecture influencée par les matériaux locaux: calcaire, brique, torchis.
  • Un véritable puzzle d’inspirations flamandes, hennuyères et parfois même picardes.

Flines-lez-Mortagne a su préserver cet équilibre fragile entre la simplicité paysanne et quelques touches de bourgeoisie rurale, bien senties et toujours modestes.

Trois parcours à pied pour découvrir l’architecture traditionnelle

1. Le parcours du centre historique : cœur du village, pierres et mémoire

Impossible de manquer la Place Charles Catteau. Autour, de vieilles maisons à pignons, certaines datées du XIXe siècle, dressent fièrement leurs façades aux linteaux ouvragés. Les briques rouges et les pierres blanches y composent un damier typique de la région.

  • L’église Saint-Martin, reconçue après la Première Guerre mondiale, mais conservant ses fondations médiévales. Remarquez les plaques de grès et la flèche octogonale, si rare dans le secteur (Source : Mérimée/Base patrimoine).
  • Le presbytère : façade de brique et de pierre calcaire, lucarnes à chiens-assis et porte cintrée. L’une des rares demeures à avoir gardé ses ferronneries d’origine.
  • Maisons rurales alignées: rues du Curé et du Moisnil, on observe les fameux « pas de moineau » (pignons découpés en escalier) inspirés des maisons flamandes.

Conseil pratique : La place accueille régulièrement le marché (samedi matin). Préférez une balade en dehors de ces heures si vous souhaitez profiter du calme et observer les maisons à loisir.

2. Itinéraire des fermes et hameaux : immersion dans la ruralité vivante

À l’est du village, la balade se fait plus champêtre. Ici, la ruralité ne se contemple pas seulement, elle se vit.

  1. La ferme du « Grand Labbé » (rue de l’Église) : bâtiment en U, cour centrale et grange monumentale. Bélier de pierre surmontant le porche, un clin d’œil à l’activité originelle du lieu.
  2. Les anciens moulins : même si les ailes ont disparu, les soubassements de brique trahissent leurs emplacements. Certains, reconvertis en habitation, gardent leurs encadrements en grès.
  3. Les maisons en torchis et pans de bois (hameau de la Garde) : façades blanches striées de poutres, toits de tuiles canal : le charme d’une authenticité préservée.

Petit fait marquant : juste après la Première Guerre Mondiale, 69 maisons du village furent reconstruites ou rénovées grâce au « Fonds des dommages de guerre ». D’où cette unité discrète de briques, typique des années 1920 (Source: Archives de la commune).

Conseil pratique : Le circuit forme une boucle de 4,5 km, accessible à pied comme à vélo. Prévoir de bonnes chaussures en hiver : les chemins sont parfois boueux.

3. Parcours de la Scarpe et du patrimoine religieux

Le long de la Scarpe, le paysage s’étire, tout en latitude. Là où l’eau flirtait jadis avec le moulin à eau, on trouve aujourd’hui des maisons basses et d’anciennes chapelles de faubourg.

  • Les chapelles Notre-Dame de Bon Secours et Saint-Roch : construction en brique, niches à statues, croix ouvragées — rituels de procession et mémoire du passage. Saviez-vous que la chapelle Saint-Roch servait d’abri lors des invasions du XIXe ?
  • Les « censes » : mot du coin pour désigner les fermes traditionnelles — certaines, comme la cense du Cavalier, sont les vestiges d’exploitations agricoles du XVIIIe siècle, avec leurs écuries basses et larges portes cintrées.
  • Maisons de bateliers : nombreuses au bord de la Scarpe, elles arborent encore des anneaux d’amarrage, mémoires d’un temps où le village battait au rythme du trafic fluvial.

Astuce locale : Le sentier du Halage est ouvert toute l’année. Il offre de magnifiques points de vue pour les amateurs de photographie.

Quelques éléments à observer : styles et détails qui font tout

Flines-lez-Mortagne ne se dévoile pas au premier coup d’œil. Il faut savoir lever la tête et prendre le temps d’étudier certains détails :

  • La brique rouge : omniprésente, elle provient souvent d’anciennes briqueteries locales (actives jusqu’au milieu du XXe siècle).
  • Les tuiles flamandes : larges et légèrement incurvées, elles confèrent un aspect doux aux toitures, qualifiées ici de « toits à la flamande ».
  • La pierre calcaire : utilisée pour les encadrements de portes et de fenêtres, elle blanchit avec le temps et offre aux maisons ce “sourire” pâli par le soleil.
  • Détails d’époque : heurtoirs en fonte, clefs de voûte datées, abris de portail baptisés « chardinets », guetteurs de pigeonniers cachés sous les combles.

Certains pignons conservent des ancres de fer forgé, souvent marquées d’années : 1843, 1872, 1922… Autant de dates qui rappellent les épreuves et les renaissances du village.

Carnet pratique : organiser sa visite architecturale

Pour vivre pleinement la découverte architecturale de Flines-lez-Mortagne, il est conseillé de :

  • Prévoir une demi-journée minimum pour explorer deux des parcours (comptez environ 2h-3h par itinéraire).
  • Se munir d’un plan du village disponible à la mairie ou téléchargeable sur le site officiel de la commune : flineslezmortagne.fr.
  • Profiter des journées du Patrimoine (en septembre) pour visiter l’intérieur de certaines maisons habituellement fermées au public (Source : Office de Tourisme intercommunal).
  • Respecter l’intimité des habitants : la plupart des bâtiments sont privés, mais observable depuis la rue.
  • Emporter de l’eau, un appareil photo, et ne pas hésiter à discuter avec les anciens : souvent, une anecdote ne tient qu’à un mot échangé sur un banc.

À la rencontre d’une identité villageoise

Découvrir l’architecture traditionnelle de Flines-lez-Mortagne, c’est partir à la recherche des traces du temps, là où chaque pierre, chaque mur, résonne du labeur et de la vie des anciens. C’est aussi écouter le silence entre deux maisons, surprendre l’odeur de la terre après la pluie et saisir, au détour d’une venelle, l’élégance humble d’un patrimoine rural. Une invitation à ralentir, à regarder autrement, et à faire du territoire un livre ouvert sur mille et une histoires — celles de Flines, et toujours un peu les nôtres.

Sources et pour aller plus loin :

  • Inventaire général du patrimoine culturel (Région Hauts-de-France)
  • Archives départementales du Nord : dossiers sur les plans cadastraux et la reconstruction post-1918
  • Base Mérimée (Ministère de la Culture)
  • Mairie de Flines-lez-Mortagne

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