Flines-lez-Mortagne : Balade à travers les édifices religieux, ces témoins de pierres et de prières

02/12/2025

Imaginez…

Imaginez le clocher de l’église qui perce la brume matinale, les pierres dorées à la lumière du soir, un parfum d’encens flottant encore dans l’air après la messe dominicale. Flines-lez-Mortagne ne se résume pas à ses champs ou à son cours tranquille de la Scarpe : au fil des siècles, la foi et l’histoire y ont parsemé des traces durables, bien vivantes encore aujourd’hui dans le paysage comme dans le cœur des habitants.

Suivons ensemble le chemin, guidés par le tintement lointain d’une cloche. Prenons le temps de pousser la porte de ces lieux où l’on murmurait autrefois une prière, où l’on se réunit encore pour un baptême, une cérémonie, ou une simple parenthèse de silence.

L’église Saint-Martin : cœur battant de Flines-lez-Mortagne

Impossible de manquer l’église Saint-Martin. Dominant le village depuis le XVe siècle, elle conserve une part de ce mystère paisible qu’ont les édifices où le temps semble suspendu. Sa tour, massive, est visible à des lieux à la ronde, témoignage de la foi villageoise aussi bien que de l’habileté des bâtisseurs d’autrefois.

Un peu d’histoire

  • Première mention : L’existence d’une église à Flines-lez-Mortagne remonte au Moyen Âge ; la paroisse est signalée dès le XIIIe siècle selon le Dictionnaire historique du Nord (source : Archives départementales du Nord).
  • Architecture : L’actuelle église Saint-Martin présente une nef de style roman tardif et un chœur du XVIe siècle, typique des reconstructions du Hainaut après la Guerre de Cent Ans.
  • Légende locale : On raconte que la cloche principale, fondue en 1791, fut cachée lors de la Révolution pour échapper à la fonte des métaux précieux. Un vieux récit rapporte que des enfants la redécouvrirent, enfouie sous le grand tilleul du cimetière.

Éléments remarquables

  • Les vitraux : Certains, datés de 1882, illustrent la vie de Saint Martin et de scènes paysannes locales. Un hommage discret aux traditions de la région (réalisés par l’atelier Lévêque, Douai).
  • La pierre d’autel : A été remplacée en 1963 par une dalle de pierre bleue, typique des carrières voisines du Tournaisis.
  • Le mobilier : La chaire de vérité en bois sculpté et son petit escalier hélicoïdal sont des exemples d’ébénisterie régionale de la fin du XIXe siècle.

Informations pratiques

  • Accès : Place de l’Église, parking à proximité immédiate (place du marché le jeudi matin).
  • Ouverture : L’église est ouverte avant et après les offices (samedi 18h, dimanche 10h30), visite libre possible sur demande à la mairie.
  • Conseil : La lumière est somptueuse en début de soirée ; ne manquez pas le jardin du presbytère, apaisant avec son vieux puits.

Les chapelles et oratoires : petits bijoux disséminés dans le village

Au détour d’un sentier, parmi les haies ou en lisière de prairie, surgissent de petites chapelles édifiées en remerciement d’une guérison, d’un vœu exaucé ou d’un espoir confié. Ces modestes monuments sont autant de bornes sacrées sur le chemin des villageois.

La chapelle Sainte-Barbe : prier pour les mineurs et les orages

  • Sainte-Barbe est la patronne des mineurs et des pompiers, mais dans le Hainaut, elle protège aussi du tonnerre !
  • Située à la sortie du village, route de Mortagne, la chapelle est élevée en 1897, lors d’une terrible épidémie de fièvre typhoïde, grâce à une souscription populaire (source : Archives Départementales du Nord).
  • On y trouve un ex-voto en bois peint, restauré en 2011, où figurent des outils de carriers et de laboureurs, reflet de la mémoire ouvrière de Flines.

Les oratoires : jalons secrets pour les promeneurs

Parmi les curiosités de Flines, une douzaine d’oratoires, plus ou moins cachés, veillent à chaque croisée de chemins. Certains sont entretenus par les riverains eux-mêmes : bougie neuve à chaque fête patronale, ou ruban noué à la grille à l’occasion d’un vœu.

  • Oratoire Notre-Dame-des-Affligés : À l’entrée du bois de l’Aulnoy. Bâti en 1923 en mémoire d’un enfant sauvé d’une noyade.
  • Oratoire Saint-Roch : Sur la route du Pont-de-la-Deûle, typiquement orné de fleurs fraîches en août, lors de la bénédiction des animaux.

Une promenade idéale pour qui souhaite mêler beauté paysagère… et chasse aux trésors discrets !

Vestiges et curiosités oubliées : le souvenir de l’abbaye de Flines

Il fut un temps où Flines-lez-Mortagne abritait l’un des plus grands établissements monastiques féminins du nord de la France : l’abbaye cistercienne de Flines. Fondée en 1234 par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre, elle connut une prospérité remarquable jusqu’à la Révolution.

Petit voyage dans le passé

  • Superficie : L’abbaye couvrait plus de 80 hectares, occupés par des jardins, des granges et trois moulins (source : Wikipedia – Abbaye de Flines).
  • Artisanat : Les moniales y fabriquaient du textile réputé, et les caves abritaient quelque 500 barriques de vin !
  • Destruction : Après la confiscation des biens du clergé, l’abbaye est vendue en 1792. Les pierres sont réutilisées pour bâtir maisons et fermes autour de Flines. L’autel principal de l’église paroissiale provient de la chapelle abbatiale.

Ce qui subsiste aujourd’hui

  • Quelques ruines : Portail gothique réemployé rue de l’Hospice, deux murs de clôture visibles rue du Moulin.
  • Un linteau sculpté : Porte la date de 1740. Intégré à une grange, il garde la mémoire des visites princières (Charles Quint y fit halte ! – Source : Inventaire général du patrimoine).
  • Circuits : Une boucle de randonnée fléchée « À la découverte de l’abbaye » (6 km, fléchage jaune, départ place de l’église) guide les visiteurs sur les traces de ces vieilles pierres.

Lieux de vie et de spiritualité aujourd’hui : visites et conseils

Ces édifices, loin d’être de simples reliques, restent des lieux de rassemblement et de partage. Chaque année, la fête patronale ou le concert de Noël attire visiteurs et curieux au pied du grand vitrail. Quelques conseils pour découvrir au mieux ces trésors de l’âme flinoise :

  • Respect des lieux : Les églises et chapelles sont avant tout des espaces sacrés. On y entre comme dans un jardin secret : en douceur, en silence, le regard ouvert.
  • Horaires spéciaux : Les Portes Ouvertes du Patrimoine (Journées européennes du Patrimoine, troisième week-end de septembre) permettent des visites guidées et l’accès à des espaces habituellement fermés.
  • Photographies : Autorisées hors offices, mais privilégier la lumière douce du matin pour de belles couleurs (les murs absorbent la chaleur l’après-midi !).
  • Groupes : La mairie organise des visites commentées sur réservation pour les scolaires et les associations locales (contact : 03 27 26 73 20).

Un village… et mille histoires sacrées à raconter

Les édifices religieux de Flines-lez-Mortagne sont bien plus que des pierres alignées : ils racontent des siècles de solidarité, de fêtes et de drames, d’espoirs partagés. Les flèches et les chapelles, visibles ou cachées, sont l’écho d’une foi populaire tissée dans la vie quotidienne.

La prochaine fois que l’on passera devant la porte d’une chapelle ou dans la fraîcheur d’une église, prenons le temps de lever les yeux, d’écouter : il y a toujours, quelque part, une histoire qui sommeille, muette, dans la lumière d’un vitrail ou le silence d’une pierre séculaire. À Flines, le patrimoine religieux reste vivant, prêt à nous ouvrir ses secrets à chaque détour du chemin.

Sources et pour aller plus loin

  • Archives départementales du Nord : fonds paroissial de Flines-lez-Mortagne
  • Wikipedia – Abbaye de Flines-lez-Mortagne
  • Inventaire général du patrimoine culturel – Ministère de la Culture
  • Cahier « Petit patrimoine religieux de l’arrondissement de Douai », association Sauvegarde du Patrimoine Rural

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