Un matin d’automne sur les chemins de Flines
Imaginez un petit matin frileux dans la campagne de Flines-lez-Mortagne. La brume s’accroche aux champs, et déjà, sur la route du Mortier, on devine la silhouette massive d’une ferme-carrée, son porche encadré de briques rouges, ses toits d’ardoise caressant le ciel. Jadis, elles résonnaient des sabots et des cris des bêtes, de la famille réunie dans la cour, du travail des champs à l’ombre du colombier. Aujourd’hui, parfois, un portail électrique s’ouvre, laissant entrevoir un tout autre décor : pelouse manucurée, fenêtre en aluminium, jardin paysager et même piscine discrète à l’abri des regards. Mais alors, comment ces fières bâtisses agricoles, pierres vivantes de notre histoire, ont-elles su traverser le temps pour devenir ces cocons modernes que l’on s’arrache souvent à prix d’or ? C’est tout un pan de l’histoire rurale qui défile devant nos yeux, à travers les transformations lentes et patiemment négociées de ces fermes-carrées.