Une vie rythmée par la ferme
Approchons. Dès l’aube, la vie s’éveille autour de la cour. Autrefois, nul besoin de réveil : le chant du coq, le pas lourd de la vache ramenée de la pâture, ou la cloche tinte pour appeler les hommes aux champs.
Dans la grande maison d’habitation, souvent placée côté sud pour profiter au mieux de la lumière, la famille prend le petit-déjeuner autour d’une grande table où la tartine était trempée dans le café – longue tradition du Nord. Les enfants, avant de prendre le chemin de l’école, participaient à la traite ou nourrissaient la basse-cour. Les femmes faisaient leur tournée de laiteries, tandis que les hommes s’affairaient déjà à la préparation des attelages ou à l’entretien du matériel.
Tout était question d’organisation :
- Le rythme saisonnier : semailles au printemps, fenaison en été, moissons, puis récolte des betteraves et pommes de terre à l’automne, et soins au bétail l’hiver.
- Des tâches au cordeau : chaque membre de la famille avait un rôle bien défini.
- La cour pavée servait à battre le blé, sécher à l’abri les haricots et accueillir les charrettes surchargées de récoltes ou de foin.
Un détail qui frappe aujourd’hui : on recomptait 28 fermes-carrées sur l’actuel territoire de Flines-lez-Mortagne à la fin du XIXe siècle (source : Archives départementales du Nord), alors que le village comptait à peine 1200 habitants. Preuve que la terre faisait vivre presque chaque famille, entre culture céréalière, élevage laitier et maraîchage…