Itinéraire pas à pas : secrets et haltes le long du chemin
1. Du cœur du village à la campagne : la place du Hameau et l’église Saint-Martin
La balade commence sur la place centrale, embaumée certains matins par l’odeur du pain frais. L’église Saint-Martin, du XVIe siècle, dresse fièrement sa flèche. Elle a vu passer des générations, de la grande foire d’antan aux jours de marché. À observer : les détails de la façade remaniée en brique et pierre de Lezennes, témoins des restaurations successives après la Première Guerre mondiale (NordMag).
Après un dernier regard sur le parvis fleuri, cap sur la rue du Pont.
2. Vers la Scarpe par la rue du Pont : ombres fraîches et mémoire ouvrière
En quittant le village, la silhouette d’anciens corps de ferme rappelle que Flines était, il n’y a pas si longtemps, une terre d’élevage et de betteraves. Ici, chaque grange rougie porte la marque d’un passé laborieux. Sur la droite, à la hauteur de la rue de l’Écluse, un petit panneau signale le sentier des halages.
3. Le chemin de halage : rencontre avec la Scarpe et la faune locale
Nous voilà sur le chemin de halage, « draille » du pays flinois, parfaitement entretenue. C’est là que le village livre ses secrets. Le regard se pose tantôt sur le fil de l’eau, tantôt sur la ripisylve (ce mot sonne doux, il désigne la végétation qui borde la rivière).
- Point d’observation ornithologique : Arrêtez-vous près de l’ancien poste de pêche. Au printemps, il n’est pas rare de croiser grèbes huppés, martins-pêcheurs et, avec un peu de chance, la flash turquoise du martin.
- Petite histoire locale : Dans l’entre-deux-guerres, les « pêcheux » de Flines se retrouvaient ici à l’aube, chacun revendiquant « son » piquet. Cette tradition se perpétue encore parfois, entre deux blagues en patois.
4. L’écluse de Flines-lez-Mortagne : pont entre deux mondes
Arrive l’écluse, majestueuse dans sa sobriété. D’ici, la vue s’ouvre : on distingue à l’horizon les clochers des villages voisins, et le bief de la Scarpe semble s’étirer paresseusement.
Côté technique : cette écluse, reconstruite à plusieurs reprises (dernière grande restauration en 1983 selon Voies Navigables de France), régule depuis le 19ème siècle le trafic fluvial sur la Scarpe. Elle fut essentielle au commerce local de céréales et de bétail, avant le déclin du fret par péniche.
- Anecdote : Certains anciens racontent qu’il y a encore cinquante ans, l’été, on venait s’y baigner à la sauvette… malgré la vigilance du garde-écluse !
5. La balade rive droite : nature et patrimoine
À la sortie de l’écluse, on choisit de longer la rive droite, par le chemin des Près. Le paysage s’installe dans une douce alternance : prairies humides, vieux saules têtards, haies bocagères dentelées.
- Point botanique : La zone est classée “site naturel d’intérêt écologique” par le Département. Au printemps, vous croiserez sûrement des jonquilles sauvages, des orchis, et ces fameux « glaïeuls des moissons » (source : INPN, Natura 2000 Scarpe Aval).
- Petit patrimoine rural : Sur la gauche, une ancienne pompe à bras, vestige du temps où chaque hameau puisait son eau directement au puits.
6. Halte à la “Moulinette” : souvenir d’industrie et pause gourmande
Après un bon kilomètre, voici la “Moulinette”, l’ancien moulin à eau. Seuls subsistent aujourd’hui les ruines de la roue et les pierres moussues des fondations. Le moulin, détruit en 1940 lors de la retraite française, avait fonctionné sans interruption depuis le Moyen-Âge (source : Archives départementales du Nord, 1J211).
Ici, banc public et table de pique-nique vous tendent les bras. Pour les gourmands, c’est le moment d’ouvrir le panier : penser à y glisser une baguette, du fromage de chez Carpentier (à prendre le vendredi matin, place du marché !) et quelques fruits cueillis en chemin.
7. Le retour vers le village par le chemin des Abbayes : entre mystère et panorama
On quitte la Scarpe par le chemin des Abbayes, ancienne voie empruntée jadis par les moines de l’abbaye d’Anchin ralliant Saint-Amand-les-Eaux.
Sur ce tronçon, le regard embrasse toute la plaine de la Scarpe, « grand air » assuré ! Par temps clair, les collines de l’Artois se découpent à l’ouest.
- Petite légende : Les anciens racontent qu’un souterrain reliait jadis l’abbaye à la rivière. Si vous surprenez un souffle frais en passant près du vieux chêne, c’est peut-être lui qui vous salue…
8. Prochain arrêt : le Mont Pastureau et la vie quotidienne flinoise
Avant de rentrer, arrêt conseillé au Mont Pastureau, petite éminence herbeuse. Ici s’installait autrefois le four banal du village, où chaque famille venait cuire son pain.
Aujourd’hui, c’est l’endroit rêvé pour s’asseoir quelques minutes, observer le va-et-vient des oiseaux ou regarder les balbuzards planer sur la Scarpe (source : Oiseau libre).