Sur les traces du passé : Une promenade parmi les monuments et plaques commémoratives de Flines-lez-Mortagne

20/12/2025

Les monuments commémoratifs de Flines-lez-Mortagne : jalons de mémoire

Au cœur du village, il suffit de suivre la place ou de lever les yeux sur les façades pour croiser ces monuments silencieux, gardiens fidèles du souvenir de générations passées. Ces traces visibles s’inscrivent dans un geste universel : celui d’honorer le courage, de ne pas laisser s’effacer les heures sombres, d’inscrire dans la pierre les noms qui pourraient s’éclipser de la mémoire vivante.

Le monument aux morts – Place de la Mairie

  • Lieu : Place Jean Jaurès, devant la mairie
  • Date d’inauguration : 1923
  • Signification : Hommage aux Flinois morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale, complété pour les victimes de la Seconde Guerre et des conflits plus récents.

Erigé après la catastrophe de la Grande Guerre, ce monument se distingue par l’austérité du granit et l’élégance silencieuse d’obélisque surmonté d’une croix de guerre. On peut y lire une trentaine de noms, patiemment gravés : ceux des jeunes hommes “Morts pour la France” entre 1914 et 1918 – puis, après 1945, ceux tombés pendant la Seconde Guerre, et un ajout pour les victimes des conflits d’Indochine et d’Afrique du Nord. Ce sont parfois des noms qu’on entendait encore il y a peu sur la place du village, dans la bouche des anciens.

  • Chaque année, le 11 novembre, les habitants se rassemblent ici pour honorer la mémoire des “poilus”.
  • La présence d’un coq gaulois, symbole de la nation, rappelle l’âpreté du combat et la fierté d'une région rurale farouchement attachée à la République.

À noter : le monument fait l’objet d’un fleurissement solennel à chaque grande commémoration. Accessible toute l’année, il se situe juste en face de l’entrée principale de la mairie – facilement repérable quand on arrive de Marchiennes ou Mortagne-du-Nord.

Plaques commémoratives de l’église Saint-Roch

  • Lieu : Nef de l'église Saint-Roch
  • Inauguration : Vers 1924 (extension après 1945)

L’église du village n’abrite pas seulement des vitraux chatoyants ou un remarquable chemin de croix. Sur le mur de la nef latérale, deux plaques en marbre polissent le temps et attirent le regard de qui sait observer. On y retrouve les noms, pour certains doublons de ceux du monument aux morts, mais aussi la mention émouvante de soldats disparus, “Morts en déportation” ou “Fusillés”. Ces ajouts témoignent de la volonté collective de ne pas oublier le calvaire des prisonniers, déportés vers des camps lointains, notamment durant 1940-45.

  • Les plaques sont visibles pendant les horaires d’ouverture de l’église (généralement le matin et avant les offices – se renseigner en mairie pour une visite spécifique).
  • Pour les descendants et curieux, on y trouve parfois des prénoms anciens, typiques du Nord : Eugène, Émile, Clovis...

Parcours des plaques et traces historiques dans les rues de Flines-lez-Mortagne

Plaque dédiée à la Résistance, rue du Moulin

  • Lieu : Angle de la rue du Moulin et de la rue du Paradis
  • Signification : Hommage à la mémoire des résistants flinois tombés durant la Seconde Guerre mondiale.

Peu connue, discrète, cette plaque sobre rend hommage à celles et ceux qui s’engagèrent dans la Résistance, souvent au péril de leur vie. On y trouve le nom d’Edmond Burie, instituteur du village et figure locale du sabotage ferroviaire en 1943. Une anecdote peu dite circule encore : Edmond aurait prévenu le village de l’arrivée de la Gestapo, sauvant ainsi plusieurs familles (source : archives départementales du Nord, dossier 732W).

Les riverains disent encore qu’à cet endroit, dans la nuit du 21 juin 1944, des membres du réseau “Voix du Nord” auraient organisé une transmission clandestine, contre la sinistre Kommandantur de Saint-Amand-les-Eaux…

Stèle de la Libération – Carrefour de la Voie Verte

  • Lieu : Junction Voie Verte/chemin du Rivage
  • Inauguration : 2004
  • Particularité : Stèle en pierre calcaire, ornementée d’un médaillon aux couleurs de la République

Ce monument récent a été inauguré lors du soixantième anniversaire de la Libération de Flines-lez-Mortagne par les troupes alliées le 2 septembre 1944. Il rappelle dans sa simplicité l’émotion de cette Libération, vécue ici comme la fin d’une occupation longue et éprouvante. Le choix de l’emplacement, sur la Voie Verte, invite à la découverte pour les cyclistes et les randonneurs. Lors des commémorations, les enfants du village déposent une gerbe à son pied, perpétuant la mémoire et la gratitude due à ces moments-clés de notre histoire locale.

Petite histoire des commémorations à Flines-lez-Mortagne

  • Le premier monument aux morts a failli être placé près du cimetière, mais la municipalité de l’époque a préféré le cœur du village afin que chacun, en passant quotidiennement, se souvienne. (Source : « Le Pays de Condé », Michel Clauzel, 1987)
  • En 1914-18, sur une population d’environ 1 340 habitants, près de 38 Flinois sont tombés au combat, soit plus de 2,8 % de la population : un taux supérieur à la moyenne nationale pour une commune de cette taille (INSEE, recensements 1911-1921).
  • Tous les quatre ans, un “circuit de la mémoire” est organisé au sein du village, guidant enfants et familles sur les traces de la Grande Guerre et de la Résistance, devant chaque lieu commémoratif. Renseignements en mairie pour les prochaines dates.

Anecdotes, chiffres et détails parfois méconnus

  • La plaque de la rue du Moulin fut fondue à l’atelier Granier, à Saint-Amand-les-Eaux, entreprise aujourd’hui disparue mais autrefois réputée pour sa “lettre en relief”. On peut le remarquer au graphisme très typique de l’entre-deux-guerres.
  • Une campagne de restauration du monument aux morts, en 2014, a été menée grâce aux dons des habitants, permettant de redorer les lettrages effacés par le vent et les intempéries (source : Mairie de Flines-lez-Mortagne, Conseil Municipal, procès-verbal du 13 avril 2014).
  • Les stèles et monuments font l’objet d’un inventaire national consultable en ligne sur le site des Monuments aux Morts du Nord ; la photothèque permet de retrouver la trace de chaque élément patrimonial.
  • Des familles flinoises continuent de faire vivre la mémoire de ces noms en transmettant des lettres, des portraits, et en entretenant, génération après génération, la flamme du souvenir lors des cérémonies.

Conseils pratiques : pour découvrir ces traces d’histoire

  • Horaires conseillés : La plupart des monuments sont en accès libre. Préférez un matin de semaine, pour savourer la quiétude du village ou à l’occasion des grandes commémorations (11 novembre, 8 mai, Fête de la Libération début septembre).
  • Accès : Stationnement aisé près de la mairie ; parcours fléché piéton depuis l’église Saint-Roch jusqu’à la Voie Verte (environ 25 minutes à pied pour le circuit complet).
  • À voir aussi : N’hésitez pas à pousser la balade jusqu’au cimetière communal : plusieurs tombes portent la mention “Mort pour la France”, témoignage silencieux de la douleur de familles du village.
  • Chaque passage dans Flines-lez-Mortagne est l’occasion d’un petit arrêt devant ces repères silencieux : une autre façon de découvrir le patrimoine, le temps d’une promenade en famille ou d’un samedi matin curieux.

Marcher dans les pas de l’histoire du village

À Flines-lez-Mortagne, il suffit parfois d’un détour vers la place, d’un regard posé sur un nom gravé dans le marbre ou le granit, pour sentir l’histoire affleurer. Ces monuments et plaques sont autant de jalons pour celui qui cherche à comprendre le village autrement : ils invitent à s’arrêter, à écouter les récits des aînés, à honorer la mémoire de celles et ceux qui se sont dressés pour la liberté ou sont tombés loin de chez eux. Chaque geste d’entretien, chaque passage d’enfant ou de visiteur devant ces souvenirs, participe à faire vivre une belle chaîne de mémoire — modeste et précieuse.

Alors, demain, au hasard d’une balade, prenons le temps de nous rappeler ces noms et ces histoires qui font battre un peu plus fort le cœur de Flines-lez-Mortagne. Car ici, la mémoire n’est pas seulement dans les archives, elle est au coin de nos rues, à hauteur de pas, toujours prête à entamer la conversation du patrimoine.

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