La ducasse de Flines-lez-Mortagne : un parfum d’histoire, une fête bien vivante

27/02/2026

Aux racines de la ducasse : un héritage du cœur du Nord

Le mot "ducasse" – parfois écrit "ducasse" ou "ducasse" selon les coins – trouve ses racines dans l’ancien flamand “dedicatio”, signifiant la fête de la dédicace d’une église. Plus qu’une simple foire, la ducasse s’enracine dans la christianisation du Nord de la France (source : Dictionnaire du Nord-Pas-de-Calais, Presses Universitaires du Septentrion). À Flines-lez-Mortagne, l’on évoque des premières ducasses dès le XVIème siècle, coïncidant avec la consécration de l’église Saint-Michel, lieu central de la vie communale d’alors.

Autrefois, il ne s’agissait pas seulement d’une fête populaire, mais d’un rendez-vous essentiel mêlant religieux, social, et économie locale :

  • Messe solennelle pour honorer le saint patron (Saint-Michel, protecteur du village).
  • Procession rassemblant les paroissiens derrière des bannières anciennes.
  • Marché forain, où charcutiers, marchands de tissus et commerçants, venus parfois de Belgique, prenaient place sur la Grand-Place.
  • Banquets et bals populaires, moments de retrouvailles après les récoltes.

On disait qu’à Flines-lez-Mortagne, “le village tout entier dansait quand venait la ducasse”, tant l’événement rassemblait, des familles entières revenant parfois de loin.

Évolution et persistance d’une tradition

Avec le temps, la ducasse s’est adaptée, mais elle n’a jamais vraiment disparu, même durant les grandes périodes de crise : la guerre, la grippe espagnole ou encore l’exode rural du XXe siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, alors que populations et traditions rurales se transforment, la ducasse devient moins religieuse, mais garde son importance sociale. Le bal sous chapiteau et la kermesse du samedi soir deviennent vite incontournables – de vrais marqueurs identitaires.

En 1962, un vent de renouveau souffle : la ducasse accueille ses toutes premières autos-tamponneuses et manèges modernes (source : Archives municipales de Flines-lez-Mortagne, registre de 1962). Une petite révolution ! Les anciens s’en souviennent et aiment raconter comment, cette année-là, le diesel des manèges rivalisait avec les chansons de Piaf ou d’Annie Cordy.

Un événement de village tissé de rituels

À Flines, la ducasse ne se limite pas à trois coups de kermesse. Chaque étape a sa saveur, comme un chemin ponctué de repères familiers :

  1. La procession : Le dimanche matin, la messe rassemble les habitants, et la procession traverse le cœur du village. Jadis, les enfants portaient des costumes d’anges ou de saints ; aujourd’hui, si les costumes se font plus rares, la ferveur reste palpable, et les cloches rythment la marche.
  2. L’ouverture des attractions : Dès le début de l’après-midi, les cris et les éclats de rire des enfants annoncent le démarrage officiel. La ducasse prend possession de la place du village et de ses rues adjacentes.
  3. Le concours de jeux flamands : On y retrouve le billard Nicolas, le jeu de la grenouille et le tir à la corde. Des jeux qui, sans paraître, transmettent un art de vivre, voire une philosophie du temps partagé.
  4. Le bal populaire : Le samedi soir ou le lundi, selon les éditions, les générations se mêlent. Accordéon, musette, ou DJ selon l’année, mais l’esprit reste le même : se retrouver pour danser, parfois jusque tard dans la nuit.
  5. Le repas du village : Une tradition qui s’est transformée au fil du temps : autrefois gigot-flageolets, frites-mayo et tartes à la rhubarbe ; aujourd’hui, grillades et food-trucks complètent l’offre, car le sens de la convivialité, lui, ne change pas.

La ducasse aujourd’hui : entre authenticité et renouveau

D’un millésime à l’autre, la ducasse de Flines-lez-Mortagne garde ses fondamentaux, mais ne cesse d’inventer. L’édition 2023, par exemple, a rassemblé près de 1200 visiteurs sur trois jours (Source : Mairie de Flines-lez-Mortagne). Autant dire, pour un village de moins de 1 500 habitants, que l’on y croise un visage connu à chaque détour !

Que trouve-t-on lors de la ducasse actuelle ?

  • Un marché traditionnel, où artisans locaux, horticulteurs et brasseurs font goûter leurs produits : cidre fermier, miel, gaufres à l’ancienne...
  • Des manèges pour petits et grands, empruntant parfois un air vintage – la fameuse pêche aux canards y a toujours sa place.
  • Des concours de pétanque et des jeux traditionnels, où le tir à la corde entre familles du village peut durer bien plus longtemps que prévu !
  • Des concerts et animations, souvent sous chapiteau, permettant à la fête de résister à la météo capricieuse du Nord.
  • Le passage du géant local “Saint Michel” (créé en 1997 par un collectif d’habitants), qui parade dans les rues et distribue des bonbons, pour la liesse des enfants comme des anciens.

Les temps forts de la ducasse moderne

Jour Événement Lieu Conseil pratique
Samedi Ouverture des festivités - Bal populaire en soirée Place du village Arriver tôt pour trouver une place de parking ; le centre est piétonnisé
Dimanche Messe - Procession - Animations - Géant Saint Michel Église - Parcours en cœur de village Venir avec enfants/parents : animations pour tous âges
Lundi Marché, concours de jeux flamands, clôture autour d’un verre de l’amitié Autour de la mairie Profiter du marché pour goûter aux produits locaux

Le contexte sanitaire a parfois bousculé les traditions, mais la solidarité n’a jamais faibli : lors de l’édition 2020, annulée en dehors des animations symboliques, des panneaux “Ici, on n’oublie pas la ducasse” ont fleuri sur les façades, témoignage de l’attachement profond des habitants.

Anecdotes et souvenirs des anciens : la mémoire vive de Flines

Si la ducasse vit aujourd’hui, c’est aussi grâce aux souvenirs qu’elle laisse derrière elle. Certains racontent avec nostalgie l’époque où les forains venaient installer leur baraque à frites dès le jeudi, et où l’on préparait le village à la fête pendant des semaines. D’autres se remémorent l’arrivée des premières autos-tamponneuses, ou la pluie d’orage en 1980, qui n’a pas empêché le bal de finir dans la salle paroissiale, entre rires et accordéons mouillés.

L’un des souvenirs les plus marquants remonte à 1927 : la ducasse, cette année-là, fut l’une des rares à être organisée malgré des inondations majeures de la Scarpe. Les villageois ont alors improvisé des barques pour faire passer les enfants d’une attraction à l’autre, le tout déjà dans la bonne humeur, selon le témoignage de M. V., centenaire du village (propos recueillis lors du centenaire de la commune, 2018).

Petite boussole pour la prochaine ducasse : conseils et infos pratiques

  • Où se garer ? Les abords de la salle des fêtes et la plaine de jeux sont ouverts au stationnement, mais mieux vaut arriver avant 14h.
  • Accès personnes à mobilité réduite : privilégier la Place de l’Église, accessible et à proximité des festivités.
  • Horaires : ouverture officielle le samedi à 16h, animations principales le dimanche (dès 10h), stands ouverts jusque 20h.
  • Conseil : certaines années, la ducasse se double d’une randonnée nature ou d’une exposition photo à la mairie. À surveiller dans le programme !
  • Boissons & restauration : plusieurs stands associatifs proposent la fameuse “fricadelle du Nord”, tartes maison (rhubarbe ou sucre), et bières artisanales.

Au-delà d’une fête : ce que la ducasse dit de Flines-lez-Mortagne

La ducasse, c’est bien plus qu’un rendez-vous festif : c’est le cœur battant de Flines-lez-Mortagne, fait d’hospitalité, de mémoire et d’adaptation. Sous ses airs de fête populaire, elle rappelle l’importance du lien au village, à la famille, à l’histoire locale, et à la joie simple d’être ensemble, une fois par an, côté pile comme côté face du calendrier.

Pour qui a déjà ressenti cette vibration unique en descendant la Grand-Place ou en regardant les lampions s’allumer à la tombée de la nuit, la ducasse n’est pas qu’un héritage : c’est une promesse, celle de voir Flines-lez-Mortagne s’animer, vivre, et transmettre, encore, le goût du partage.

Alors, pourquoi ne pas se laisser tenter, et prendre part, un prochain été, à ces heures franches, vivantes, où le village tout entier se raconte ?

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