Promenade au fil du patrimoine : les monuments emblématiques de Flines-lez-Mortagne

05/11/2025

L’abbaye de Flines : secrets d’une grande dame disparue

Avant même d’apercevoir la silhouette familière de l’église Saint-Michel, c’est souvent le souvenir de l’abbaye qui plane sur Flines-lez-Mortagne. Fondée en 1234 (source : Dictionnaire historique des ordres religieux, abbaye de Flines), cette abbaye cistercienne de femmes fut créée par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut. Elle devint très vite un centre spirituel et économique rayonnant bien au-delà des marais de la Scarpe : au Moyen Âge, elle abritait pas moins de 80 religieuses et une centaine d’employés agricoles, journalier·ère·s, domestiques, artisans.

  • Emplacement : l’abbaye se trouvait à l’écart du village, sur la route de Brillon. Aujourd’hui, des vestiges subsistent dans les bois et les prés – une vieille porte sculptée, quelques pans de mur, une tour qui joue à cache-cache dans la végétation.
  • Ce qu’il en reste : Ayant souffert pendant la Révolution puis sous l’Empire, l’abbaye fut définitivement démantelée au XIXe siècle. De nombreuses pierres réutilisées dans les fermes avoisinantes témoignent discrètement de cette présence passée.
  • Anectode locale : Certaines nuits, des promeneurs affirment deviner la silhouette d’une abbesse dans la brume du bois de l’abbaye… Récit ou reflet de notre imagination ?

Conseil pratique

Le sentier de randonnée “Sur les traces de l’abbaye” (balisé, 8 km, départ église) permet de longer les anciens domaines monastiques. Prévoir des bottes après la pluie : la Scarpe aime s’inviter sur les chemins !

L’église Saint-Michel : cœur battant et pierres centenaires

Impossible de manquer sa silhouette. L’église Saint-Michel veille sur le village depuis le XIIIe siècle, dont elle conserve la base du clocher. Reconstruite à plusieurs reprises après les guerres et accidents — dernière grande restauration : 1932 (source : Archives diocésaines) — elle mêle histoire, spiritualité et anecdotes locales.

  • Extérieur : Son porche néo-gothique et sa tour massive rappellent la solidité des bâtisseurs du nord. Les croix gravées sur les contreforts témoignent de l’influence cistercienne.
  • Intérieur : Les voûtes en ogive abritent des stalles sculptées, un autel en pierre blanche de Tournai, et surtout l’incontournable tableau de Saint Michel terrassant le dragon. Ne manquez pas les vitraux retraçant des scènes rurales, œuvres de la maison Champigneulle (1937).
  • Curiosité : Le grand orgue Debièvre (fin XIXe siècle) accompagne encore les grandes cérémonies. Certains habitants se souviennent du son vibrant lors des noces villageoises…

Infos pratiques

  • Ouverte tous les jours de 9h à 17h (sauf offices – voir paroisse officielle).
  • Visites commentées en été sur demande à la mairie.

Pigeonniers et fermes fortifiées : les seigneurs des champs

À Flines-lez-Mortagne, la ruralité n’est jamais loin du patrimoine. Plusieurs fermes anciennes, souvent issues de la redistribution des terres abbatiales, cachent encore de précieux pigeonniers. Ces constructions circulaires, souvent coiffées d’un lanternon, témoignent d’un privilège réservé autrefois aux seigneurs ou propriétaires d’envergure (source : Base Mérimée – Ministère de la Culture).

  • Ferme de la Croix : Célèbre pour sa tour-pigeonnier en briques du XVIIIe siècle. Son oculus coiffé d’une petite girouette en forme de colombe est l’un des emblèmes du village.
  • Ferme du Brunehaut : Remarquable double porche, charrettes anciennes encore visibles dans la grange. On y parle encore “patois” entre anciens…
  • Pigeonnier de la Grande Rue : Transformé en dépendance, mais encore bien lisible dans le paysage.

Conseil de balade

Le circuit des pigeonniers (4 km, départ parking mairie) permet d’observer au moins trois de ces curiosités villageoises, le tout en passant par les plus jolis points de vue sur la Scarpe.

Oratoires, calvaires et petites chapelles : la foi au détour du chemin

En flânant, levez les yeux : Flines possède une mosaïque d’oratoires et calvaires, comme autant de petites balises plantées dans le paysage.

  • Le calvaire de la place : Croix de pierre érigée en 1816, restaurée en 2001 par des bénévoles locaux. Il paraît que l’on y priait autrefois contre les inondations de la Scarpe…
  • Oratoire Notre-Dame-de-Bon-Secours : Situé rue du Bac, il date de 1863 (source : Inventaire départemental du patrimoine). Protégé des intempéries par sa niche vitrée, il accueille chaque année au printemps les fidèles partis en procession.
  • Les petites chapelles privées : Encore six recensées sur le territoire communal ; certaines ouvertes, d'autres n'attendent qu'une main curieuse pour dévoiler leurs ex-voto et statues de plâtre fleuries.

Fontaine Saint-Martin : mémoire et légende sur les eaux

En lisière du bourg, la fontaine Saint-Martin attire les amateurs de patrimoine comme les rêveurs. Elle évoque l’implantation des premiers villages médiévaux, lorsque la proximité d’un point d’eau sacré dictait souvent l’immobilier local ! Baptisée en l’honneur de saint Martin, elle fut autrefois réputée guérir les fièvres : les villageoises venaient y chercher de l’eau le jour de la Saint-Martin (11 novembre). Aujourd’hui, la fontaine (restaurée en 2015) coule paisiblement sous les aulnes.

  • Accès : prendre le chemin des écoliers (panneaux jaunes) derrière l’école, une petite trotte de 800 mètres où l’on croise des hérons et, peut-être, un chevreuil discret.

Le “Pont du Moulin” : un passage entre deux rives… et deux époques

Le vieux pont qui enjambe la Scarpe ne paie pas de mine : une arche de brique, épaules solides. Mais il fut jadis le point névralgique du village, reliant la grande route menant vers Saint-Amand aux fermes de Flines. Sur une carte datée de 1773, il apparaît déjà sous l’appellation “Pont du Moulin” (source : Archives départementales du Nord). Le moulin à eau, reconstruit en 1803 après un incendie révolutionnaire, a disparu mais il reste possible d’en repérer l’emplacement par les vestiges de sa vanne.

  • Astuce locale : C’est LE coin préféré des pêcheurs pour y taquiner la carpe ou l’anguille dès les beaux jours !

Curiosités et patrimoine du quotidien

Au fil des rues, Flines dévoile d’autres monuments, parfois plus modestes mais riches en histoire.

  • Le kiosque à musique place du Marché : construit en 1925 grâce à une souscription populaire, il accueille chaque année la Fête de la Musique et des apéros conviviaux à la belle saison.
  • Les anciennes écoles communales : faïence, linteaux sculptés avec la date (1847), clocheton restauré en 2019. Parfait exemple du patrimoine “vivant”.
  • Maisons de notables Grande Rue : pierres de tailles, jardins clos et portails en fer forgé du XIXe siècle, balcons fleuris... De véritables “capsules temporelles” pour les promeneurs attentifs.

Pour poursuivre la découverte... : carnet d’adresses et itinéraires

  • Office de tourisme Cœur d’Ostrevent : tourisme-coeur-ostrevent.fr — Plans, livrets balades, horaires visites guidées.
  • Mairie de Flines-lez-Mortagne : Place du Marché — 03 27 26 94 01 — Accueil et demandes d’infos pour les groupes/scolaires.

Quelques conseils pour préparer votre promenade patrimoniale

  • Privilégier le printemps ou l’automne : les lumières sont superbes, la Scarpe regorge de vie.
  • Emportez des jumelles : idéal pour observer oiseaux des marais et détails architecturaux en hauteur.
  • Attention, certains monuments privés ne se visitent pas, mais se laissent contempler depuis les chemins.
  • La plupart des balades sont balisées : se renseigner à la mairie et bien respecter la signalétique, surtout près des fermes.

Patrimoine et sens du partage : ouvrir la porte sur le village

Chaque monument, chaque fontaine ou calvaire, raconte à sa manière l’attachement d’un village à ses racines. Que l’on vienne pour la première fois ou qu’on redécouvre, sur un pas tranquille, l’abbaye disparue ou le pont de la Scarpe, c’est à une aventure singulière et collective que nous invite Flines-lez-Mortagne. Ici, les pierres anciennes se mêlent au quotidien des habitants, les histoires se transmettent, et le paysage se fait patrimoine. Aux curieux de passage comme aux amoureux du pays, il ne reste qu’à prendre le chemin… Le village, fidèle à lui-même, se chargera du reste.

En savoir plus à ce sujet :